Archive pour Récit Compostelle

Papypik sur le Camino ! – Récit sur le Chemin de Compostelle

Il y a une quinzaine d’années, un ami m’invita à une conférence faite par un couple sur le chemin de Compostelle. J’ignorais l’existence de ce pèlerinage et découvrais qu’il y avait plusieurs chemins. Le couple présentait à force de vidéo et de références récurrentes à la religion « leur chemin » ce qui me laissa complètement indifférent.

Ce même ami me prêta ensuite « Garce d’étoile », merveilleux livre d’Hervé Bellec qui me fit dire « tiens, pourquoi pas ! ». Cinq ans après mon départ en retraite, à l’annonce de gros soucis de santé prévisibles le souvenir de ce livre prit corps et je décidai de faire moi aussi « mon chemin »

Depuis, après le Camino Francès du Puy à Fisterra puis le Norte d’hendaye à Muxia, j’en suis à mon troisième chemin, celui de la Plata. J’ai voulu faire ces chemins dans le même esprit qu’Hervé Bellec, c’est à dire seul et sans trop de plan préétabli me fiant souvent au hasard ; ne dit-on pas que le hasard est la forme que prend Dieu pour passer incognito ?

J’ai transigé sur la solitude en emportant avec moi Karl la marmotte, ma mascotte fétiche qui tout comme moi fit de nombreuses rencontres…

Pour chacun de mes chemins, j’ai écrit un journal.  Vous pourrez lire celui de la Plata sur mon dernier blog :

http://papypikcaminoplata.unblog.fr/

Mes autres récits sont en lien sur ce blog.

Michel

Marcher vers Compostelle : l’Histoire d’après – 2ème partie

Certains lecteurs le savent, mon premier chemin vers Compostelle, je l’ai commencé en 2012, à la suite d’une blessure physique, j’ai dû m’arrêter au pied des Pyrénées, après un mois de marche, de rencontres et de moments tous plus fort les uns que les autres.

Je me souviendrais toute ma vie de ce jour, où j’ai accepté de dire « stop ». Ce n’était pas le bon moment pour moi, ou alors quelqu’un avait quelque chose de plus grand et de plus puissant à accomplir en moi…

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Une année après, en 2013, j’ai repris la route, en débutant de nouveau du Puy-en-Velay, et, après deux mois de marche et d’épreuves, j’ai pu enfin entrer dans la ville de Saint-Jacques-De-Compostelle. Ceux qui sont arrivés jusqu’ici se rappelleront quelle émotion les a envahi, les a saisi…

Ce jour-là aussi restera gravé en moi. Je me souviendrais toute ma vie, m’être écroulé en larmes à l’intérieur de la Cathédrale de Santiago, pendant plusieurs heures, je me souviendrais toute ma vie des milles « merci » que j’ai adressé en pensée. Des « mercis » que j’adressais à quelqu’un que je ne connaissais pas, avec qui je n’avais jamais eu aucun contact et que pourtant j’avais parfois détesté, insulté… Un quelqu’un qui m’avait pourtant soutenu secrètement lors des diverses épreuves de ma vie, un quelqu’un qui resta toujours discret en attendant que j’ouvre mon cœur, un quelqu’un qui a veillé sur moi toutes ces années, pour ne pas que je sombre dans l’obscurité, un quelqu’un qui m’a permis d’allé, pour la première fois de ma vie, jusqu’au bout des choses, un quelqu’un qui m’a porté jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans un but un seul, celui de remplir mon cœur d’amour !

Au  fond de moi, durant de nombreuses années, ce quelqu’un avait maintenu une petite flamme, si minuscule que sa chaleur ne m’avait pas interpellé mais quelqu’un l’avait pourtant gardé allumé, parfois maintenu avec force lorsque j’y jetais de l’eau dessus !

Cette petite flamme ressemblait sans aucun doute à cette veilleuse rouge que l’on trouve dans les églises, proche du tabernacle, veilleuse qui symbolise la présence de Dieu…

Cette lumière, présente dans mon cœur, en a subit des averses, des déluges, des tempêtes et pourtant quelqu’un l’a maintenu allumé…il m’aura fallu presque trois années après ce retour de Saint-Jacques-de-Compostelle pour comprendre une partie de mon Chemin et ouvrir mon cœur sur le chemin à venir.

 

Compostelle raisonnait en moi, j’avais ce besoin de repartir, d’en parler, de lire des ouvrages, on aurait pu même penser que cela en devenait une véritable obsession. Se sentir incompris par ceux qui ne saisissaient pas la force de ce Chemin, la puissance qui nous attire à lui. Les Jacquets et Jacquettes qui en sont revenus le savent, le Chemin de Compostelle c’est un aimant bien plus puissant que le Nord, il nous attire, nous envoute même ! Les soirs on y repense, on tombe sur une photo et l’on pleure, on revoit son sac à dos et on a envie de le saisir et reprendre notre chemin.photo1

Chaque jour qui passait n’était pour moi qu’une attente, j’attendais simplement de repartir, de reprendre mon bourdon de pèlerin et parcourir de nouvelle route jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Puis, un beau jour, un signe fort…une rencontre…virtuelle.

Sur le moment je n’ai absolument pas réalisé mais à l’heure actuelle tout est si clair : je venais de rencontrer, par le plus grand des hasards, la future femme de ma vie, ma future épouse. Venue échanger par mail juste pour quelques informations sur le Chemin de Compostelle, messages après messages une rencontre eu lieu. Et en ce jour du 28 Décembre, nous nous sommes rencontrés physiquement, nous avons échangé et ce soir-là, en partageant notre premier verre, je ressentais un amour puissant qui voulait jaillir : c’est elle, oui c’est elle que mon cœur attendait !

Aujourd’hui, cela fait une année que Sophie m’accompagne chaque jour dans ma vie. Je ne saurais jamais pourquoi j’ai eu cette si belle chance de la rencontrer, je ne saurais jamais ce que j’ai fait pour mériter un si grand bonheur, un si grand amour et je ne peux que remercier chaque jour Dieu pour sa si grande bonté envers moi, moi qui l’avais tant détesté, tant bafoué…main-dans-la-main

 

Il m’a pardonné et donné tant d’amour…

Dans l’amour de Dieu nous avançons sur ce nouveau Chemin qui est devant nous, main dans la main, le cœur léger.

 

Marcher vers Compostelle : l’histoire d’après – 1ère partie

Marcher vers  Compostelle : l’histoire d’après – 1ère partie

 

Voilà déjà quelques temps que je souhaitais partager avec vous mon aventure sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 2012 lorsque je suis parti pour la première fois, j’avais rédigé un petit « mémoire de ma route » que j’avais offert à une poignée de personnes, principalement les membres de ma famille. Je n’avais pas voulu le diffuser sur internet, mais j‘en avais tout de même publié quelques très courts extraits. En 2013, lors de mon nouveau chemin vers Compostelle, j’avais pris le temps, chaque jour, de publier presque en direct un article résumant ma journée et mes modestes aventures journalières. C’est de là que mon site www.marcher-vers-compostelle.com a pris une ampleur que je n’avais pas imaginé. Ce petit site que j’avais créé principalement pour que mes proches et amis puissent suivre mes aventures a vite vu son nombre de visites journalières exploser. J’avais donc décidé de le dédier au Chemin de Compostelle et de partager avec vous mon expérience, des conseils mais aussi essayer au maximum de répondre à vos questions etc.

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Ce site je l’ai donc conservé, cela depuis maintenant bientôt quatre années ! Je me demandais souvent pourquoi je le gardais…mais aujourd’hui je le sais !

Dans les jours à venir, vous pourrez découvrir une histoire, mon histoire ! En quoi ce modeste site a été, au final, l’outil qui a radicalement changé ma vie et qui fait qu’aujourd’hui je vous raconte cette histoire…

Rendez-vous dans dix petits jours pour lire la suite …

El Camino – Récit et photo de Damien DUFOUR – sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Carte du Camino francès vers Saint Jacques de Compostelle

El Camino : un tout autre chemin – Par Damien DFUFOUR

 

Je suis parti un 3 septembre.
Un jeudi.

C’était sûrement un matin comme les autres, pour la plupart des gens ; mais pour moi, il avait comme un goût de bout du monde, lorsque j’ai fermé le portail de la maison familiale et que, posant un dernier regard sur le village, j’ai pris le chemin. Avec mon sac à dos en guise de bagage et mes jambes, pour seules compagnes de marche.

Damien D.

 

Damien DUFOUR vous invite à découvrir son Chemin et son exposition photographique en ligne. De belles images et un beau récit que je vous recommande d’explorer.

Vous pouvez retrouver une sélection de photographies du récit en haute qualité, sur la page El Camino : l’exposition virtuelle. De même, il vous invite – pour accompagner la lecture de ce carnet de voyage – à télécharger gratuitement et légalement trois musiques que Damien DUFOUR a écrites dans le cadre de son projet musical et visuel Ending Satellites, en cliquant sur ce lien.

 

Pèlerinage de Paris à Chartres

Voilà quelques temps que je n’ai pas écris sur mon site, à vrai dire je n’avais pas de connexion internet fiable. Voilà aussi pourquoi, je mets du temps à vous répondre (par courriel ou à vos commentaires).

Le 14, 15 et 16 Mai dernier, j’ai rejoins le traditionnel pèlerinage de l’association Notre Dame de Chrétienté sur la route de Paris à Chartres. Je ne vais pas ici pour narrer en détails ce Chemin, mais je souhaitais tout de même vous en parler et vous inviter à, l’an prochain, venir nombreuses et nombreux !

Tout commence à Notre-Dame-de-Paris, une Messe y est célébrée très tôt le matin, avec des milliers de personnes. Moi, le petit gars Départ de Parisde la campagne, je n’avais jamais vu autant de pèlerins en marche vers le même but. Vraiment saisissant et bouleversant à la fois. Moi qui me sentais parfois seul, je me rends compte que des milliers de personnes n’hésitent pas à s’engager sur un chemin qui sera très dur, une épreuve même !(Sur trois jours, plus de 100km à parcourir !) Une balade pour certains mais un défis, une épreuve pour beaucoup. Le tout simplement pour prendre du temps pour Dieu, pour partir à sa rencontre et marcher simplement vers Lui en s’abandonnant à Lui.

sacsDurant ce long périple, une énorme équipe logistique a gérer plus de dix mille personnes ! Transport de sac pour le bivouac du soir, repas etc. Bref un pèlerinage vraiment grandiose, tant émotionnellement que visuellement.

« Si tout homme est spirituellement un pèlerin sur la terre, prendre la route de Chartres est une décision personnelle qui permet de rejoindre physiquement, même si ce n’est que pour un temps photo1limité, cet état spirituel d’homme qui marche vers sa destinée éternelle. Marcher, c’est terre à terre. Et pourtant cette marche-là nous mène aux portes du Ciel ! C’est, pour un certain temps, se mettre dans un état de pauvreté volontaire. Oublier l’accessoire, pendant trois jours. » Extrait du site de Notre Dame de Chrétienté.

 

Au cours de ces trois jours, j’ai vécu des moments très fort, tant au niveau de la marche, des prières et des soirées. J’ai aussi eu l’occasion de me confier et d’écouter…

 

Mais quel rapport avec le chemin de Compostelle me direz vous ? CompostelleOutre le fait que ce Chemin soit un réel pèlerinage, il emprunte le Chemin de Compostelle à de nombreuses reprises…petit clin d’œil donc !

Je m’arrêterais là dans cette courte description, simplement j’espère que vous aurez peut être un regard légèrement différent sur le cheminement, que cela soit vers Compostelle, Rome, Chartres, Jérusalem etc. Mais si vous devez affronter un obstacle des plus coriace et douloureux, n’oubliez jamais la prière du pèlerin

Chemin de Compostelle en Alsace: Lundi 25 Avril: de Guebwiller à Thann – 19 km

Chemin de Compostelle en Alsace: Lundi 25 Avril: de Guebwiller à Thann – 19 km

Ce matin, Christophe, de l’accueil pèlerin « le Puisatier » m’apporte le petit déjeuner: pain frais, pain au chocolat ! Le luxe encore et toujours ! Plusieurs café et de belles discussions ! Un super moment et encore une fois sur ce chemin, une joie de rencontrer une nouvelle personne. Je sais que je reverrais Christophe rapidement, que cela soit dans le Jura ou en Alsace ! Un ancien pèlerin reste pèlerin toute sa vie et dans ses paroles cela se sent, le chemin guide nos pas de chaque jour !

Départ un peu avant 10h, vu la petite étape, pas de stress ! Pas de pluie pou débuter mais je la vois au loin et en fait, très vite, le petit crachin devient petite plue qui mouille ! On sort l’attirail: poncho !

Chemin de sous bois, au milieu des sous bois et des vestiges de la grande guerre. Deux siècles après ce tragique conflit, les traces sont encore bien visibles. Je ne peux m’empêcher de penser à ces femmes, hommes et enfants morts pour les intérêts des « grands » de ce monde.


Une stèle dédiée aux pèlerins doit croiser mon chemin mais, peut être à cause de la pluie et de mon rythme soutenu, je ne la vois pas et ne vois aucun panneaux l’indiquant. Dommage !


A midi, je prends le temps de me faire un bon repas. Et oui, la pluie donne faim mais donne surtout envie de se poser ! Par tout hasard je découvre un petit restaurant de village comme j’adore ! Menu du jour pas cher, un accueil des plus sympathique ! Et en plus: du fait maison ! Super bon, bonne quantité, et la patronne et les clients étaient juste super gentils ! En prime je peux charger mon portable un peu !

Puis, on rechausse les bottines de pèlerin et direction Thann ! La météo variant du tout au tout: gris, pluie, neige et soleil animeront cette après midi !

L’arrivée à Thann se fait par les vignes a flan de colline, vraiment une superbe vue ! 

Je profites de mon passage pour visiter la collégiale saint Thiébaut de Thann, un bijoux ! Tant extérieur qu’intérieur ! Vraiment cela vaut le coup d’œil et appel à la réflexion.


Puis je prends la direction de mon lit de la nuit. Le centre Saint Thiébaut est complet alors j’avais réservé dans une chambre d’hôte que Christophe, de l’accueil de la veille (le Puisatier), m’a conseillé. En arrivant je rencontre donc une personne très gentille qui me propose une boisson chaude. Un bon café à l’arrivée de l’étape fait toujours du bien. Je découvre ma chambre…du grand grand luxe ! En prime: une serviette de bain !!! Ça peut paraître futile mais quel plaisir de s’essuyer dans une vraie serviette de bain ! Puis s’en suit une petite sieste qui finalement durera deux heures ! Je loupe d’allé une seconde fois à la collégiale pour prendre un peu de temps et je me dirige donc vers le restaurant que l’on m’a conseillé pour le soir. Et oui, ce soir c’est grand luxe pèlerin jusqu’au bout ! 


Demain sera donc ma dernière étape de mon chemin de Compostelle en Alsace. Aujourd’hui, je pensais à beaucoup de chose, dont celle de reprendre ce chemin rapidement, et pourquoi pas pour trois mois…jusqu’à saint jacques de Compostelle. C’est une interrogation que je me pose. Y retourner encore une fois, prendre une nouvelle fois le temps de se poser les bonnes questions, de remercier, de se recueillir. Je ne peux prédire l’avenir mais je sais qu’un jour je retournerais à Compostelle, oui je le sais.

Pour l’heure, c’est direction les étoiles de la nuit (sous les nuages et la pluie !)

Christophe m’a annoncé un super petit déjeuner pour demain matin ! J’avoue que j’ai hâte ! (Oui j’adore le petit déjeuner !)

Chemin de Compostelle en Alsace: Lundi 25 Avril: de Gueberschwihr (couvent Saint Marc) à Guebwiller- 17 km

Ce matin, malgré une très bonne nuit, j’étais encore réveillé très tôt. Je ne sais pas si c’est l’impatience du départ de l’étape ou simplement que le plein de sommeil est fait mais bon, je sais que changer de lit chaque soir n’aide pas forcément au meilleur des sommeils.Un extra petit déjeuner encore ce matin ! Quelques discussions avec les amis de la veille et Tina, la pèlerine allemande. Vient vite l’heure pour moi de partir, de dire au revoir aux amis d’un jour mais aussi à Tina qui aura, mine de rien, été une personne avec qui j’ai vraiment apprécié échanger sur pas mal de sujets. Bon Chemin Tina et bon retour au pays ! Prends soin de tes jumeaux ! (Si jamais tu passes sur le blog !)


L’étape du jour était presque totalement en sous bois, vraiment sympa ! De belles vues encore et toujours, reposant par le silence et prenant aussi. J’avais une vue assez dégagée sur les plaines de l’Alsace. De beaux nuages menaçant ne m’auront que peu mouillé. Le froid est quand même saisissant et j’avoue que j’ai enfilé avec plaisir ma veste à midi lors du casse croire pèlerin ! Saucisson et pâté en croûte !


Quelques rencontres encore aujourd’hui, au Val du Pâtre, je rencontre des bénévoles qui viennent cirer le sol de La Chapelle, nettoyer et la rendre belle ! On me raconte en prime l’histoire du lieu…un plaisir d’écouter ce que les gens aiment partager: l’histoire locale ! On oublie trop souvent la beauté de notre histoire locale au profit de l’histoire « mondiale ». Mais je préfères de loin connaître le nom des sources de mon village, l’histoire de la chapelle ou d’un petit lieu discret.


Une ancienne pèlerine croise mon chemin aussi ! Elle qui a traversé l’Espagne pour rejoindre Santiago (Saint Jacques). Très vite on rentre dans les anecdotes du Chemin, et cela peut durer des heures on le sait bien ! Mais c’est toujours un plaisir.

De croiser ces personnes me fait du bien au moral. Même si au final je suis heureux de ce parcours de quelques jours, une part de moi serait heureuse de continuer encore et toujours un peu plus loin. Tellement de souvenirs sur ces chemins vers Compostelle. Tellement d’amis d’un jour ou plus !


Lorsque j’arrive à Guebwiller, je prends le temps de visiter l’une des trois églises et je me rends directement au gîte pèlerin du soir. 

l’entrée du gite « le Puisatier »


Heureux de rencontrer Christophe, un ancien pèlerin ! À voir l’entrée du gîte, j’en était sur, et il me le confirme ! 


Super accueillant et explosif de gentillesse, même si j’avoue que je n’étais pas forcément très réceptif. Ce soir je suis comme chez moi me dit-il. Sont petit gîte aménager pour les pèlerins est chaleureux et dans la simplicité. J’aime énormément l’esprit et le ressenti en entrant. J’aurais vraiment voulu échanger d’avantage avec lui mais j’avoue que ce soir une espèce de grande fatigue et de flemme me prends. À ne pas bouger du matelas pendant plus de deux heures (sans dormir et sans en avoir envie). Un peu inexplicable. Et je me rappel qu’en Espagne, sur la fin du chemin, j’étais un peu ainsi, et mes amis aussi. Comme si sentant la fin de l’aventure approcher et voulant retarder un peu les choses en restant immobile. Pourtant, Dieu sait que je suis aussi heureux de terminer ce chemin de quelques jours, pour quelques raisons bien précises !
Demain, petit déjeuner à 8h et l’étape que je prévois sera aussi courte qu’aujourd’hui. La pluie est prévue et ça tombe déjà pas mal dehors ! Croisons les doigts pour demain alors ! 

Chemin de Compostelle en Alsace: Jeudi 21 Avril: de Strasbourg à Rosheim – 32km

Chemin de Compostelle en Alsace: Jeudi 21 Avril: de Strasbourg à Rosheim – 32km
Une très belle et bonne nuit. Dans un si bon lit, c’était vraiment royal !

Un réveil vers 6h finalement, le temps de préparer un peu le sac, écrire l’article de la veille. Puis ont suivi les Laudes et ensuite un petit déjeuner, dans la simplicité mais j’avais tout ce don j’avais besoin.

Le frère qui s’occupait de moi a ensuite tamponné ma Crédanciale et était heureux de mon passage.

Encore un accueil où l’on vous donne tout sans rien attendre en retour (même si il est logique de donner suivant vos moyens.) 

Bien loin de l’esprit commercial que le chemin de Compostelle prend sur la voie du Puy en Velay. Les règles de l’accueil sont parfois oubliées, évincées pour être remplacé par la recherche du bénéfice. C’est ainsi.

Aujourd’hui c’était une étape avec 100% de béton ! Les tendons m’expliquent que ça ne leur a pas plu du tout. En plus j’ai du rallonger l’étape pour trouver un lieu où dormir ce soir. J’avoue que j’avais envie d’une douche car avec cette chaleur et bien ça aide fortement.

  
J’ai croisé mon premier pèlerin d’ailleurs, un allemand, qui espère allé jusqu’à Saint Jacques de Compostelle d’ici la fin août. Nous avons peu discuté mais je pense que l’on va se revoir et puis j’avoue que j’avais espoir de le voir ce soir mais vu que j’ai rallonge l’étape… J’espère en croiser d’autre car c’est toujours plaisant d’échanger quelques mots !

Encore de gros soucis de balisage, ce chemin demande beaucoup d’attention, et parfois, lorsqu’on se perd dans ses pensées et bien on perd rapidement l’itinéraire ! 

 

Deux panneaux, deux directions opposées

 
Ce soir, je suis accueillis au monastère des sœurs bénédictine de Rosheim.

  
Après les vêpres, petit temps de repos et direction le repas. Simple mais qui rassasie, ce dont j’avais besoin. La sœur hôtelière est d’une gentillesse inégalable ! Demain c’est Buffet petit dej’ après les Laudes et reprise de la route en direction du Mont Saint Odile (entre autre !)

Souvenirs du Chemin de Compostelle 1/10

En ce Dimanche, j’ai décidé de vous écrire une suite de dix souvenirs de l’avant Chemin, du Chemin ou de l’après Chemin de Compostelle. Je ne sais pas par avance quels seront ces souvenirs, ils viendront sans doute au fil des jours et semaines. Peut être de simples anecdotes mais chacun de ces souvenirs auront un côté intimiste. Simplement car ce sont des faits qui m’auront touché au plus profond de moi mais aussi parce que, après bientôt quatre ans depuis mon premier départ vers Compostelle, je trouve enfin la force de partager ces souvenirs. Je sais que cette force est liée à ce qui m’arrive aujourd’hui et je suis donc heureux de ce partage avec vous !
Cela avait commencé avec la publication d’extraits du récit de mon Chemin de 2012 et cela continue avec cette volonté de vouloir en partager plus avec vous, inconnus, internaute, Pèlerins, randonneurs.

Je commence par ouvrir mon fameux dossier photo du Chemin de Compostelle, car c’est par là que je veux commencer pour vous raconter un premier souvenir. J’aurais pu choisir ma Crédenciale ou mon vieux guide gribouillé, mais ce Dimanche ça sera par l’album photo que je commence. L’album photo de 2013 pour être plus précis. Et je me dirige plus précisément vers les photos du Camino Frances, la partie Espagnole du Chemin de Compostelle.

Lorsque j’ai passé les Pyrénées, avec le brouillard, le froid, la neige et la pluie, je suis arrivé en Espagne et c’était un moment assez dur. Dur dans le fait que j’allais dire au-revoir à des amis rencontré sur le Chemin depuis presque le départ. Et c’est de ces amis que je vais sans doute vous parler dans mes souvenirs. Car ces amis du Chemin sont comme une famille à mes yeux. Je ne prends sans doute pas assez de nouvelles d’eux mais ils sont dans mon cœur et j’ai l’impression de les connaitre depuis toujours.

Johnny, l’Américain.

J’ai croisé Johnny pour la première fois en France, à Aire-sur-l’Adour, autour d’un verre. Et en Espagne, nous ne nous sommes presque jamais quitté. Je ne me souviens plus trop d’où il avait débuté son Chemin, mais il me semble que c’était au Puy-en-Velay, comme moi. Nous nous sommes retrouvé en Espagne et rapproché. Car il faut dire qu’en Espagne, nous ne reconnaissions plus aucune têtes ! C’était très déstabilisant et tellement de gens présents pour « l’esprit sportif », c’était assez étrange ces premiers jours sur le Camino.

Johnny parle très bien le Français, c’était pratique car du coup il pouvait me faire travailler mon anglais et les discussions étaient en « fran-glais » un bon mélange de Français et d’Anglais ! Il m’a même appris quelques mots d’Espagnol ! Je ne vais pas vous narrer ces divers moments vécus et anecdotes, mais une ressort des autres.IMG_2683

Nous avions dormis à Belorado et partions en direction de San Juan de Ortega, arrivé là bas, rien de très accueillant et une sensation un peu étrange. Temps maussade, beaucoup de monde et j’ai ressenti que l’ambiance qui y régnait n’était pas celle dont j’avais besoin. Johnny était là avec sans doute, la même sensation que moi. Partant d’une blague, nous avons décidé de nous rendre jusqu’à Burgos, qui était à vingt huit kilomètres encore. Nous en avions déjà vingt cinq dans les pattes.

Ce fut de sur la journée la plus éprouvante de ce Chemin, en terme de chaleur, de soif, de baisse de moral. Une folie aussi pour le corps qui allait devoir encaisser plus de cinquante kilomètres dans la même journée !

Après des doutes, après des peines, nous sommes arrivés à Burgos, assez tard. Une seule place à l’Albergue, que j’ai laissé à Johnny, et moi on me dirige vers un autre lieu où on m’a proposé de dormir par terre. Après une telle journée, je rêvais d’un vrai lit mais j’ai fais avec.

Cette jouIMG_2014rnée restera gravée en moi car j’étais heureux d’avoir partager une telle folie avec Johnny. Nous avions déjà partagé des moments amusants (recherche de Tapas, recherche de Ricard !) mais cette épreuve a sans doute resserré encore notre lien.

 

C’est avec ce même Johnny que j’allais entrer à Santiago, Saint-Jacques-de-Compostelle, ce même Johnny quIMG_2628i prit la seule et unique photo de moi que j’aime regarder et partager. Ce même Johnny avec qui j’étais heureux d’arriver au Cap Finisterre (Fisterra – Finis-terra) et apercevoir des dauphins ! Ce même Johnny avec qui j’étais heureux de partager l’arrivée à la borne « zéro ».

Nous avons partager des repas, des apéros, des moments de joie mais aussi de doute, des moments d’émotions forts et c’était avec tristesse que je disais au revoir à Johnny. Et quelques larmes…

Johnny fût l’un des quelques Pèlerins qui m’auront marqué à vie et plus encore…

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D’autres amis qui voyageaient dans mon sac à dos !

 

Mon Chemin de Compostelle – 2012 – « Dernier jour sur le Chemin »

En 2012, je partais pour mon premier Chemin vers Compostelle. A mon retour, j’avais écris un cours recueil pour l’offrir à mes parents, quelques très bons amis et à ma grand mère. Peut être pour qu’ils comprennent un peu ce Chemin, pourquoi j’avais tout quitté pour celui-ci.
Ce texte je vous en dévoile quelques parties pendant le mois de Janvier. Il n’a rien de prétentieux, juste des lignes écrites simplement. Bien entendu, le gros de ce recueil restera intime et donc réservé uniquement à ceux pour qui je l’ai écris.
Bonne lecture de ces modestes lignes.
Les quelques lignes précédentes:
2. Dernier jour sur le Chemin

Aujourd’hui nous allons sur Saint-Jean-Pieds-De-Port ! Avec Per, le frisson du départ puis l’impatience, impatience de passer cette porte qui vous fait entrer dans Saint-Jean-Pieds-De-Port ! L’on marche d’un bon pas, l’on

Entrée de Saint-jean-pieds-de-port

Entrée de Saint-jean-pieds-de-port

voit toujours les Pyrénées qui se rapprochent, en fait nous sommes presque à leurs pieds ! Puis vint le moment tant attendu : nous sommes devant la porte de Saint-Jean-Pieds-De-Port ! C’est de la joie qui nous fait arriver, on sourit, on crie, on se serre dans les bras ! Mais là, on ne traverse pas cette porte. Étrangement on attend, on pense. Oui on pense à toutes celles et ceux que l’on a croisés sur ce Chemin, on pense à ceux qui méritaient de continuer et d’arriver ici, avec nous ! On pense à Violaine, à Dorothée, je pense à Jean-Claude, à Julie et à Stéphane bien sûr ! Un moment inoubliable et qui ne peut s’expliquer réellement. Cette porte, elle marque une étape importante, cette porte ce n’est rien qu’une porte mais c’est un nouveau Chemin, on le sait ! On fait le point dans notre tête, on pense à la personne qu’on était lors de notre départ, et on pense

Accueil à Saint-jean-pieds-de-port

Accueil à Saint-jean-pieds-de-port

à celle que l’on est aujourd’hui avant de passer cette porte ! Puis on se lance, on la passe ! Au milieu de centaines de touristes, on crie, on saute de joie ! Nous sommes heureux, heureux d’avoir marché trente et un jour ensemble, partageant des joies, des peines, des douleurs, des repas, des nuits bref la vie ! Merci, merci de m’avoir permis d’arriver jusqu’ici ! Puis on est rejoint par Alice et on retrouve sur place Marie et Vincent et puis Mogen aussi ! Le soir, on décide de tous aller manger dans un petit restaurant, fêter cette aventure ! C’est en cette soirée que, malgré un bonheur immense, je décide de mettre fin à mon

Restaurant à Saint-jean-pieds-de-port

Restaurant à Saint-jean-pieds-de-port

aventure pour rejoindre les gens que j’aime. Des larmes, des larmes ; oui des larmes ! Car oui j’arrête mais dans le fond je sais que cet arrêt n’est pas ma décision, je sais que j’arrête pour quelqu’un et non pas pour moi. Vincent le Québécois est là pour me soutenir, et je lui confie quelque chose d’important : une petite pierre. Ce petit caillou que j’ai emmené depuis chez moi, ce « poids » que je devais lancer à Fisterra, le bout de la terre ! Je lui confie car je sais qu’il l’emportera au bout pour moi […]